Suite avantageuse de cette persécution.

 

Dieu répand toujours des bénédictions sur les persécutions qu’on souffre pour sa gloire. Tandis que ce que je viens de raconter se passait en la maison même des païens où j’étais, une jeune fille qui avait déjà connaissance de notre religion, l’enfant de la maison, fut si touchée de Dieu, qu’elle vint, je crois, le lendemain même me demander le baptême ; et comme elle était déjà promise à un païen, notre grand ennemi. Dans le temps de la cérémonie où les païens adorent leurs ancêtres, elle se mit à genoux pour adorer Dieu ; c’était un conseil que des chrétiens mal instruits lui avaient donné, pensant bien faire, car, dans la rigueur, il faut refuser net, et ne pas faire de duplicité.

Enfin mariée à cet idolâtre, car dans l’absence même j’ai dispensé comme j’ai pu, pensant que si la dispense est invalide, selon qu’il paraît plus probable, au moins la bonne foi la sauverait ; mariée, dis-je, à cet idolâtre, elle a toujours fait une profession publique de la vraie religion, malgré les menaces et les mauvais traitements de son mari ; à qui elle répond avec une fermeté héroïque : Tuez-moi ! je suis chrétienne. Elle a maintenant des petits enfants qui disent à leur père, comme leur mère : Tuez-moi ! je suis chrétien. Ils prient les bras en croix avec beaucoup de dévotion.

Autre bénédiction : un de ceux qui m’ont battu est tombé malade quelque temps après ; il a été touché de repentir, s’est converti, a demandé le baptême et il est mort après l’avoir reçu.

 

Entrée dans la province du Koui-tchéou.

 

Table de la Grande Relation

 

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